mercredi 8 juillet 2015

Au pays du matin-calme-mais-pluvieux...



Quoi ? Qu'ouïs-je ? Il y aurait une erreur de quelques centaines de kilomètres ? Comment, "le pays du Soleil Levant ?"
Vous êtes drôles, vous ! Encore faudrait-il qu'on puisse le voir, le soleil ! Car depuis notre arrivée ici, la couleur du ciel hésite fortement entre gris plus que moyen et noir clair. Avec le niveau d'humidité correspondant, bien sûr. Petit détail que nous avions négligé lors de la préparation de ce tour du monde : le mois de juillet correspond, au Japon, à la saison des pluies. Alors qu'à peine un mois plus tard, comme nous en avions fait l'expérience il y a sept ans, une bonne grosse chaleur tropicale s'installe... Bref, il faut bien viser !

Par contre, malgré ses 13 millions d'habitants, Tokyo nous a semblé, oui, presque calme au premier matin de notre séjour nippon. Nous étions tellement habitués à zigzaguer entre les scooters pétaradants ! Du coup, c'est un confort que de pouvoir marcher dans la rue sur un vrai trottoir, sans devoir sans cesse vérifier l'absence d'obstacle ou de trou dans le sol. De pouvoir aussi traverser une rue sur un passage piéton en ayant la certitude que le trafic automobile va bel et bien s'interrompre au feu rouge !

Première étape sur notre trajet, le quartier "geek" d'Akihabara, fantastique concentration de magasins d'électronique et de mangas. Les immeubles sont couverts de panneaux et d'écrans publicitaires. Dans la rue, des animateurs crient au micro des promotions  certainement incroyables, d'après leur ton, mais totalement incompréhensibles pour nous. Cette ambiance valait bien un petit détour, et puis notre fidèle appareil photo accusait bien son âge, depuis quelques temps... A moins qu'il ne s'agisse des quelques traumatismes qu'il  subi lors du voyage ? Aussi fallait-il lui trouver un remplaçant. Ce qui fut fait, avec un rabais de 30% sur le tarif pratiqué sur notre territoire. Tout n'est pas forcément cher au Japon !

Afin de changer un peu d'air, nous avons ensuite arpenté les allées des parcs des quartiers de Shinjuku, d'Harajuku et de Ueno. Nouveauté pour nous, nous sommes aussi allés au musée d'Edo-Tokyo, qui présente l'évolution de la ville depuis le XVIIe siècle, au travers de belles maquettes, et autres reconstitutions de bâtiments d'époque. Enfin, un petit tour dans les "mecques" du shopping que sont Shibuya et Ginza, sans pratiquement rien acheter, ce qui est un exploit !

Le "Mangaland" d'Akihabara, surprenant ! On reste ébahis par la quantité de figurines ou de poupées personnalisables proposées dans ses boutiques (même s'il s'agit à 90% de robots armés jusqu'aux dents, si j'ose dire, ou de nymphettes aux poumons surdimensionnés, ce qui n'a pas échappé à la sagacité de notre progéniture...)

Les demoiselles de Tokyo...
On vous épargne la bande-son !

Vu ce qui reste de mes quelques rudiments de japonais, ne comptez pas sur moi pour tenter d'y comprendre quelque chose. Mais, c'est joli, non ?

L'un des étangs du beau jardin japonais de Shinjuku-Gyoen

Monumentaux, les torii qui mènent vers le sanctuaire Meiji ! Nos Barbarrettes sont à peine visibles...

Les temples les plus fréquentés proposent ce genre de plaquettes pour y inscrire les prières de votre choix. J'ignore ce que signifie celle-ci, mais il doit y avoir une histoire d'amour derrière...

A Shibuya, on croise de drôles de bestiaux sur les murs des immeubles

L'une des belles maquettes montrant à quoi ressemblait Edo à l'époque

Norah a trouvé un boulot de pilote de tuk-tuk, et une première cliente !

A Tokyo, non seulement il y a des plaques d'égouts (et c'est un fameux progrès par rapport à, par exemple, Makassar), mais en plus, elles sont belles !


Ginza, le quartier des grandes marques, offre à la vue plusieurs façades originales

Même un samedi après-midi à Ginza, grâce à la fermeture de certaines rues au trafic, l'affluence reste gérable... Tranquille, qu'on vous dit, le Japon !

Bien évidemment, les enseignes et les rayons regorgent de dessins "Hello Kitty". Ici, les filles posent avec des concurrents de ce petit chat certes "trop mignon", mais aussi un peu trop présent !









Après Tokyo, et comme en 2008, un shinkansen nous a conduit à Kyoto, la ville aux 1001 temples. Littéralement, et même si elle présente une façade très banale au premier abord, la ville compte plusieurs centaines de temples bouddhistes et shintoïstes, dont beaucoup sont remarquables. Il nous faudra certes composer encore avec les intempéries et les travaux de réfection de certains de ces édifices. Mais leur multitude nous a permis d'en choisir que nous n'avions pas eu le temps de voir il y a quelques années, comme le Kinkaku-Ji (Pavillon d'Or).  
La gare de Kyoto elle-même, par ses proportions gigantesques et son architecture audacieuse, mérite une petite visite

Les toitures présentent souvent des petits détails tout en finesse...


Particularité de Kyoto : nombre de touristes japonaises (mais pas que), choisissent de louer un kimono traditionnel pour la visite des temples. Il faut reconnaître que ça a de l'allure !

De notre côté, la garde-robe n'est pas aussi flamboyante (qu'est-ce qu'on sera contents de pouvoir porter autre chose dans quelques semaines !), mais le moral est bon et l'on apprécie les visites !

L'une des nombreuses pagodes, disponibles en deux teintes : bois foncé ou "orange search-and-rescue". Un peu de couleur dans le paysage !

Jardins magnifiquement entretenus (et bien arrosés), temples centenaires, odeur de bois...

Le plus beau lotus que nous avons croisé... Il était en pot, mais ça ne se voit pas !

Devant chaque temple, la petite fontaine de purification et les "louches" pour puiser l'eau

A en croire le petit guide distribué à l'entrée, le jardin de ce temple a fait l'objet d'une conception extrêmement élaborée, il y a quelques siècles, jusque dans les proportions des "collines" ou l'emplacement des "rochers" et des "cascades". C'est vrai que c'est joli...

Que ce soit dans certains temples ou dans l'appartement que nous louions à Tokyo, je me suis vite aperçu que je dépassais la taille du Japonais moyen. Et de plusieurs centimètres !

Surprise, des hérons en pleine ville, à Kyoto !

Le Pavillon d'Or. Même sous une pluie battante, c'est une chouette idée que de recouvrir un bâtiment de feuilles d'or, pour faire de belles photos !
Pour nos repas du soir, nous écumons régulièrement les rayons bento des magasins. Ça a quand même un autre style qu'une Pasta Box !

Petit coup de cœur de notre voyage de 2008, nous somme retournés au sanctuaire de Fushimi, avec ses 10 000 torii.

C'est comme ça sur 4 km, donc non, "aux 10 000 torii" n'est pas une exagération manifeste !

Chaque torii étant "sponsorisé" par un particulier ou une entreprise, il paraît que les inscriptions ont un petit côté "pub". Mais quand on n'y comprend rien, ça peut tout aussi bien passer pour des prières shinto !

Très présents, les renards se retrouvent dans tous les petits sanctuaires disséminés au fil du chemin

Que ce soit à Tokyo ou Kyoto, nous avons donc cherché à retrouver les lieux que nous avions déjà bien aimé, pour le plaisir de les montrer aux filles, tout en alternant de temps en temps avec des nouveautés. Le résultat ? Eh bien, au-delà des "c'est moche", "j'en ai marre des temples", "je veux rentrer à l'appartement", assez fréquents (ne faites jamais d'enfants !), nous avons  l'impression que le Japon plaît vraiment à nos deux monstresses. En quelques jours à peine, Norah l'a même hissé en seconde place de son Top 5 des meilleures destinations de ce tour du monde !
Tour du monde qui touche d'ailleurs à sa fin, très rapidement, puisqu'il nous reste à peine une dizaine de jours avant de débarquer triomphalement à Roissy, et de retrouver les joies du RER ou de la circulation parisienne. On le touche donc du doigt ce retour, à la fois tant attendu (même par nous !) et tant redouté. C'est donc avec des sentiments très mitigés que nous vivons les derniers instants de cette parenthèse enchantée.

A bientôt pour les derniers articles, et merci à vous pour les petits commentaires ou messages !

Renaud

dimanche 28 juin 2015

Pas de yoga à Yogya



Alors là, ce titre, il doit bien remporter la palme du jeu de mot le plus pourri du blog ! Ça doit être la fatigue... Tant pis, je le garde.


Pour la dernière partie de notre séjour indonésien, notre dévolu s'est jeté sur Jogjakarta (Yogyakarta ? Ici, ils mélangent allègrement les deux...) Cette grande ville touristique a en effet quelques atouts : la proximité de deux des plus beaux temples indonésiens, celle, plus relative, du plus actif des volcans du pays, et de quelques jolies plages. Elle est de surcroît bien desservie par le chemin de fer et compte de nombreux hébergements. Et oui, il est possible d'y prendre des cours de yoga.Et non, nous n'en avons pas pris...



Pour nous y rendre, nous avons opté pour le train pour la première fois depuis... le Brésil ! Quel confort, après les bus de Sulawesi ! Des paysages de Java qui défilent sous nos yeux, nous retiendrons ces immenses étendues de rizières, bordées de cocotiers et de bananiers, avec en toile de fond, presque toujours, un ou deux volcans. En fait, lorsque l'on consulte la carte, on s'aperçoit que seule une poignée d'entre eux sont vraiment "touristiques" et bien documentés dans notre guide. Il y a sûrement encore beaucoup de potentiel dans les massifs les moins connus, mais pour cela, il faudrait bien plus de temps que nous n'en avons.

A Jogja même, nous n'avons visité que le palais du sultan et le "Palais d'eau", qui ne nous ont pas fait forte impression. Dans le premier, bien entretenu (car, sachez-le, il existe toujours un sultan en fonction !), quelques bâtiments jolis, à défaut d'être impressionnants. Un musée, également, qui expose un certain nombre d'objets personnels du sultan, des galeries de portraits, une ou deux chaises à porteur... Rien de bien mémorable à mes yeux. Qui plus est, avec le Ramadan, les représentations quotidiennes de danse ou de musique étaient suspendues. Quant au "Palais d'eau", il s'agit des anciens jardins du sultan. Seuls les thermes, assez jolis quoique maintenant fort décrépits, subsistent. Les immenses jardins ont quant à eux disparu, envahis par un dédale de ruelles et d'innombrables maisonnettes...

A la nuit tombée, les voitures à pédales les plus branchées sont à Jogja !
Les instruments de gamelan, la musique traditionnelle. Presque uniquement des percussions au rythme assez lancinant... pour une oreille peu avertie comme la mienne !

L'entrée du palais du sultan

A l'intérieur, dans le musée, une paire de chaussettes ayant appartenu au sultan Hamengkubuwono IX : un moment fort dans tout tour du monde qui se respecte !

Malgré un état parfois délabré, le Palais d'eau garde quelques belles constructions...

...et deux bassins assez jolis vus de loin !


Par contre, nous avons réellement admiré le temple de Borobudur, bouddhiste, et plus encore, celui de Prambanan, hindouiste. Quoique le prix n'ait plus rien à voir avec le niveau de vie du pays (20$ par personne !), il faut reconnaître que ces temples vieux de plus de mille ans, colossaux, ornés de multiples bas-reliefs, valent le détour. Le Ramadan aura cette fois joué en notre faveur, en limitant le nombre de touristes locaux (même si, grâce à nos collègues touristes occidentaux, nous étions loin d'être seuls). Après la visite de Prambanan, nous avons aussi cassé la tirelire pour assister à une représentation nocturne du ballet du Ramayana : avec le temple illuminé en toile de fond, c'était splendide ! Et intéressant, puisque j'ignorais tout de cette œuvre mythique de l'hindouisme. Malgré quelques difficultés à assimiler les noms des innombrables personnages, je crois que Norah et Iris ont également apprécié.

Prambanan et ses temples, dédiés aux principales divinités hindoues. 47 m de haut pour le temple principal, celui de Shiva. Impressionnant !

Parfois, il fallait des trésors de patience pour prendre un cliché sans trop de monde dessus. Ici, le parfait exemple de la photo prise après avoir craqué en attendant que le charmant australien/français/allemand (rayez les mentions inutiles) qui pose sur l'escalier veuille bien bouger un peu...

Les magnifiques sculptures ornant les bases des différents temples

Les danseuses du ballet du Ramayana

Les singes, dont les armées viennent en aide à Rama

Les héros : Rama et Shinta, une histoire d'amour bien compliquée !

Les danseuses avaient même une suppléante !
(Iris était allée sur scène se faire photographier après la représentation)

A Borobudur, on a un peu mieux réussi à éviter la foule, sur les photos du moins... Chacune de ces "cloches" renferme une statue de Bouddha.

Les Barbarr en sarong (jupe traditionnelle)

Superbes bas-reliefs sur le temple de Mendut, à proximité de Borobudur

Nous avons également fait un détour par les flancs du volcan Merapi, un peu plus frais, afin de nous lancer dans la longue randonnée (6 heures normalement, mais pour nous, avec les filles, ce sera 8 !) qui mène à un beau point de vue sur le volcan lui-même. Lever à 4h00 du matin : dur ! Sur notre chemin, forêt (parfois dense !), ruines des villages détruits lors de la grosse éruption de 2010 (quelques centaines de morts tout de même...) et cheminement dans le couloir de lave formé lors de cet évènement. Notre guide, très sympa, a su trouver quelques activités amusantes, histoire de détourner l'attention des filles de leur fatigue : tatouages à base de fougères, flèches à partir de grandes herbes... Au retour, après quelques brèves vues sur le Merapi, drapé dans ses nuages, nous serons heureux de trouver un déjeuner tout prêt (même s'il avait un peu refroidi : on nous attendait à l'hôtel un peu plus tôt !) et de faire une bonne sieste...
Une petite escapade à l'opposé du volcan, vers la côte, nous a permis de retrouver l'Océan Indien. Après quinze jours dans l'intérieur des terres, les jolies criques du littoral sud de Java m'ont bien plu, même si la force des vagues interdit la baignade, sauf dans les anses les plus abritées.

Nous descendons dans la faille laissée par la coulée de lave. Quelques sueurs froides en raison des pierres volcaniques instables et du sable qui s'effondre sous nos pas !

Une des meilleures vues du Merapi que nous avons eues ce jour-là. Le lendemain, comme il se doit, le temps était parfaitement dégagé. Grrr !

Au moins aussi impressionnante par la taille que ses consœurs australiennes, cette araignée est comestible, et appréciée des populations locales. Je n'ai pas eu l'occasion de goûter...


J'ai aussi réussi à traîner toute la famille jusqu'au musée de l'armée de l'air indonésienne, dont j'avais tout juste découvert l'opportune présence à Jogjakarta. Il a fallu insister un peu (énormément !) pour convaincre les filles que ce musée valait le détour, mais au final, j'ai l'impression que cela les a plutôt intéressées. Certes, ce n'est pas le musée du Bourget, mais sa collection était considérablement plus riche que je ne l'aurais cru. Il faut dire que l'Indonésie, au cours de sa courte histoire, a connu divers changements politiques qui l'ont conduit à se rapprocher tantôt de l'Occident, tantôt du bloc de l'Est. On trouve donc, en plus des avions japonais récupérés à l'issue de la seconde guerre mondiale, des aéronefs américains, soviétiques, anglais, français, néerlandais... Un paradis pour moi !

Un Tupolev Tu-16 "Badger" avec ses missiles AS-1 ! Avouez qu'il y a tout de même de quoi tomber en pâmoison, non ?
Ah bon. Tant pis, il n'y a que moi, alors...

Beaucoup plus classique, le "Mustang"

Equipage 100% féminin pour ce C-47

Vu de l'extérieur, ça a de l'allure, non ?


A Jogja, nous avons aussi eu le plaisir de revoir Fanny et Martin ("Fafa" et "Mart", pour Iris). Après l'Argentine et la Nouvelle-Zélande, nos tours du monde se sont croisés pour la troisième fois, sur trois continents ! Cette fois, nous avons pu passer plus de deux jours ensemble, et c'est avec eux que nous nous sommes rendus à Borobudur, puis sur la côte. Quatre mois après notre dernière rencontre, nous avions quantité de choses à échanger, et la gestion du temps de parole, le premier soir avec eux, a été un peu compliquée... Rendez-vous est pris pour finir de se raconter nos voyages après le retour en France !

Retrouvailles sur les pentes du Merapi


A présent, nous avons rejoint Jakarta, toujours par le train, d'où nous prendrons demain l'avion pour le Japon. Dernière ligne droite, en somme, avant le retour, qui se précise de plus en plus. Nous avons même acheté nos billets SNCF depuis Paris (au triple du tarif indonésien !).

"Bye, bye, Indonesia !"
semble dire Iris qui avait rejoint une bande de grands garçons en pleine partie de ballon, sur la plage de Baron


Prochain article depuis le pays du soleil levant, dans quelques jours (allez, comptez une bonne semaine !)

A bientôt


Renaud