lundi 2 mars 2015

Les drôles de petites bêtes

Voilà une semaine que nous avons repris notre vie de nomade, laissant la grande cité derrière nous.

Notre véhicule ?
Un Toyota Hiace, presque identique à celui qui nous avait transporté, et hébergé, sans trop rechigner d'Auckland à Christchurch. Nous avons passé quelques instants à faire le jeu des 7 différences, l'aménagement intérieur étant subtilement modifié (interrupteurs ou bouchons de réservoir placés un peu différemment, rien de bien méchant). Seul changement un peu embêtant : l'absence de circuit de rétention des eaux usées de l'évier. Tout s'écoule directement sur le sol, à la verticale de notre véhicule ! Pas très écolo... Moins grave (beaucoup moins !) : notre équipement ne comprend pas de grille-pain. Dommage pour les crumpets, mais à la guerre comme à la guerre !

Notre destination ?
Melbourne, à 1100 km de Sydney, sans les détours. Et en fait de détour, nos avons commencé par en faire un plutôt conséquent. En effet, à une cinquantaine de kilomètre à l'ouest de Sydney se trouve le parc des Blue Mountains, ainsi baptisées en raison des particules émises par la végétation, qui forment un mince voile brumeux. Des vallées encaissées, des falaises monumentales, un petit air de Grand Canyon en somme (que nous ne connaissons encore que par photos interposées...) Bref, le détour était amplement mérité.


Jolies falaises ! Il paraît que certaines espèces végétales se spécialisent pour vivre à flanc de paroi, donc à presque 90° de la verticale

Moi, rien que de me pencher par-dessus la rembarde, j'ai le vertige !
Les Three Sisters, à Karooma



Le trajet ?
Des deux grands axes routiers possibles, nous avons choisi de rallier Melbourne en prenant celui qui suit la côte. Nous avons un peu moins de deux semaines devant nous, ce qui devrait amplement suffire, si nous tenons à peu près le rythme que ous avions en Nouvelle-Zélande. Nous avons donc rejoint le littoral à hauteur de Nowra, après avoir passé une nuit à Kangaroo Valley, où nous avons vu, vous avez deviné, nos premiers kangourous sauvages !
L'ombre des Barbarr plane sur Malua Bay. Belle plage, parking gratuit (et autorisé pour le camping !), toilettes, douches et jeux pour enfants ! Que demande le peuple ?

Réminiscences de Polynésie, avec les plages de sable blanc à Jervis Bay...
Chaude journée. Heureusement, la mer est là pour nous rafraîchir (elle est meilleure qu'en Nouvelle-Zélande, mais il y a quelques degrés de moins qu'à Tahiti)

OK : on peut trouver la même chose moins loin de chez nous, mais c'est plutôt sympa, non ?



Le pont de Narooma au coucher du soleil


Le "rocher de l'Australie" à Narooma

A Malua Bay, les filles se mettent au surf ! Vu la position, il va en falloir des leçons en simulateur avant de défier les vagues...


Et pourquoi ce titre ?
Car si les paysages sont encore souvent superbes (plages de sable blanc, petits ports, rochers ciselés par l'érosion...), ce sont surtout nos rencontres avec la faune d'Australie qui nous aurons marqués. Jugez un peu : wombat, kangourous, wallabies, perroquets, pélicans, raies, phoques, kangourous, lézard géant (il faut que je me renseigne sur son petit nom...), kangourous, araignée monstrueuse (dans les toilettes : moins cool !), et kangourous ! Le tout observé soit depuis le bord du chemin, soit simplement en traversant le camping, ou même depuis notre camping-car !

Vous n'avez pas envie de vous blottir contre lui, vous ? L'une de nos premières rencontres fut celle de ce wombat, à Kangaroo Valley

Nous avons été émerveillés devant la beauté des perroquets qui sont venus nous rendre visite à notre table de petit déjeuner !

Wow !...

Mais un tout petit peu moins "wow !" lorsqu'Iris a compris qu'ils s'intéressaient surtout à sa tranche de pain de mie (qu'elle était la seule à ne pas avoir finie)


A Narooma, outre plein de petits poissons, vivaient aussi quelques raies de belle taille !
"- Qu'est-ce que c'est ? Un bateau ? Un pédalo ?
- Attends, je zoome... Ah non, c'est un pélican... C'est gros quand même !"

"- Renaud, t'as vu les phoques ?
- Ben non, où ça ?
- Là, à trois mètres !
- ... !"

"- C'est nul, ce camping, même pas de kangourous... Remboursez !
- Euh... Et là ?
- Ah oui, tout de même !"


J'avais beau en avoir vu au zoo, je suis resté impressionné par la grâce de ces animaux...

Iris était probablement la plus courageuse (ou inconsciente) de nous tous, en s'approchant au plus près...

Pas plus tard que la nuit dernière, il a fallu que j'aille parler avec un kangourou de belle taille qui bloquait le passage pour aller aux toilettes. J'ai eu du bol, le kangourou comprenait bien le français, car il s'est très obligeamment écarté de quelques mètres. Quant aux lézards géants que je mentionnais, ils nous ont surpris, il y a une heure à peine, en traversant notre emplacement pour aller dévorer un poisson abandonné dans un reste de feu de camp. Sans exagérer (je n'ai aucune ascendance marseillaise, à ma connaissance), ils devaient bien mesurer 1,5 m de long. J'ignorais l'existence de ce genre de dinosaure en Australie...
La vision de ce genre de "dragon d'Australie" a suscité quelque émoi (pour ne pas dire frayeur !) chez certains Barbarr (mais pas chez Iris, vous vous en doutez !)

J'espère que la suite de notre périple sera aussi riche !

A bientôt.

Renaud





jeudi 26 février 2015

Summer Love


Nous avons quitté il y a quelques jours la métropole de Sydney, pour reprendre nos "vieilles" habitudes de campeurs, après avoir passé une semaine en ville.
Laissez-moi vous raconter nos impressions initiales de cette Australie que nous allons parcourir (pas complètement, loin de là !) pendant deux mois.


Évidemment, on se moque des touristes devant la Tour Eiffel, mais on fait un peu pareil !
Premier constat : les Australiens sont à peu près aussi sympas que les Néo-Zélandais, ce qui n'est pas rien ! Du guichetier de la gare à la caissière de supermarché, ils ont souvent pris le temps d'échanger quelques phrases avec nous. Agréable et étonnant, dans un centre ville pratiquement aussi densément peuplé que les grandes capitales auxquelles nous sommes habitués. Cela nous a d'ailleurs changés ! Ce n'est pas en Nouvelle-Zélande, même à Auckland, que nous avions eu l'impression d'être noyés dans la foule...

Autre constat immédiat : ici, c'est l'été ! Je ne dis pas que nous n'avons pas eu un peu chaud, de temps en temps, chez les Kiwis, mais c'était une sensation relativement brève. Que le soleil décline sur l'horizon, que la brise se lève, et nous repassions bien vite une petite polaire. A Sydney, nous avons retrouvé des températures durablement estivales (un jour 28°C, un jour 29°C, en alternance...) Agréable de prendre les petits déjeuners sur la terrasse, et de ne pas avoir à se trimballer les pulls et les coupe-vents dans les sacs à dos !

La ville en elle-même présente plusieurs beaux bâtiments (gare, hôtel de ville, cathédrale, musée, grands magasins "à l'ancienne"), qui ont toutefois tendance à se retrouver noyés au milieu des grands immeubles. La vue sur le "Sydney Harbour" est splendide (le pont, l'opéra... classique, mais c'est sympa de voir cela de ses propres yeux !), et de grands parcs permettent de se mettre au vert. Il est aussi facile de se rendre sur les plages du littoral pacifique. Nous sommes ainsi allés à Manly, plein Est par rapport au centre ville, en ferry. Plages de sables, surfeurs, sentiers dans la nature... Un coin tout à fait recommandable !

Le Queen Victoria building, un centre commercial qui nous dépanna en nous fournissant du WiFi (toujours bienvenu, tant nous dépendons encore, malgré tout, des échanges et recherches d'info sur le Web...)

Le Circular Quay, qui, jour après jour, ne désemplit pas de paquebots
Parmi les dizaines de photos de l'Opéra, il fallait bien en choisir une...
... ou deux,...
... ou même trois ! (je sais, avec celle d'Iris au début de cet article, on en est même à quatre)

Les Barbarr en pleine chasse (aux Géocaches), dans les parcs de Sydney

Entraînement intensif à la navigation pour les filles. Cela pourra servir lorsque nous serons dans le "bush" !



Ces hydravions circulent du matin au soir au-dessus du port, à deux pas du centre ville, cohabitant sans problème avec les vols de l'aéroport. Si seulement la Direction de l'Aviation Civile française avait les idées aussi larges !

Bon alors, ce bateau-là (probablement un ravitailleur de la marine australienne) était moche comme un pou. Mais avec un rayon de soleil couchant, ça change tout !

L'une des criques de Manly : mer transparente, petits voiliers...

Retour au soir vers Sydney



Le Pont.
Avec une majuscule, parce que c'est un sacré bestiau, tout de même. Seul regret : ne pas avoir été plus riche de quelques 700 ou 800 dollars (australiens, certes, mais quand même !) pour une visite guidée des superstructures. Bon en fait, non, pas de regret, car c'était de toute façon interdit aux enfants...

Étonnamment, nous avons eu l'occasion d'observer de nombreux spécimens de la faune australienne, lors de ce séjour en ville. N'allez pas imaginer que les kangourous se baladent dans les rues, ou que les koalas montent aux feux rouges, quand même ! D'abord, nous avons été accueillis par une petite colonie de cafards, dans l'appartement que nous avions loué. Ça, on aurait pu s'en passer. Sur une note beaucoup plus sympathique, les parcs abondent d'oiseaux délicieusement exotiques (perroquets, ibis), et de grands vols de chauve-souris sillonnent le ciel le soir venu. Près de Manly, ce sont les lézards qui nous ont surpris par leur nombre et leur taille !

Les "pigeons coiffés avec du gel"

Les très élégants ibis des parcs de la ville, presque aussi nombreux que nos pigeons, mais autrement plus classe !

Ces petits perroquets blancs, eux aussi très nombreux, avaient un cri surprenant : on aurait le rire de petits singes. En groupe, quel raffut !

Oh, génial, une photo d'oiseau mort !
Mais non ! Ils étaient tout un groupe à littéralement bronzer au soleil ! Si, si. Ils se mettaient contre le mur, écartaient les ailes, en plein cagnard, et attendaient que ça se passe !

L'un des lézards de Manly. Difficile à estimer sur la photo, mais je vous jure que c'était là un spécimen d'un fort beau gabarit !

Nous nous trouvions à Sydney en pleines festivités du nouvel an chinois. Et comme la communauté chinois compte ici de très nombreux membres, nous avons eu l'occasion de voir quelques manifestations organisées en cette occasion : danse du dragons avec explosion de pétards (quel bruit ! et quelle fumée !), illumination de lanternes, danse et musique... Dépaysant !
Nous n'avions pas mis la Chine sur notre itinéraire (mais on y avait pensé). Les filles en auront eu un tout petit aperçu culturel...

Sydney la chinoise avait allumé tout une série de lanternes dans le parc situé à côté de Chinatown

Lanternes multiformes et colorées s'il en est !

A dans quelques jours pour un nouvel article plus "nature" !

Renaud


jeudi 19 février 2015

C'est parti, mon kiwi !

Sous ce titre enthousiaste se cachent des sentiments mitigés au sein des Barbarr. Certains, comme notre petite boule d'énergie (vous voyez de qui je parle), sont tout excités à l'idée de découvrir le continent australien. D'autres éprouvent une légère nostalgie à l'idée de quitter la Nouvelle-Zélande, qui nous a si bien accueillis. Pour moi, pas de regrets : les deux mois et demi que nous venons d'y passer nous ont permis, sinon de tout voir, au moins de visiter sans trop de stress la plupart des lieux qui nous faisaient envie.

Revenons-donc un peu sur nos derniers jours dans l'île du Sud. Ayant quitté les Alpes et leurs lacs, nous avons mis le cap sur la région de Christchurch. Aubaine : nous y avons retrouvé des aires de camping gratuites (ça fait du bien au budget), presque totalement absentes dans l'Ouest et le Sud. Profitant de nos derniers jours de location du camping-car, nous nous sommes rendus sur la péninsule de Banks. Cet ancien volcan, fortement érodé, forme de multiples vallées étroites où la mer s'est partiellement engouffrée. Les paysages ainsi formés sont bien évidemment superbes (adjectif que j'ai dû utiliser pratiquement dans tous mes articles sur ce pays !).
Le grand bras de mer d'Akaroa Harbour, s'enfonçant jusqu'au centre de la péninsule

Je vois ma maison !
La plage d'Okains Bay, à côté de notre camping : ça vaut presque celle des Sables d'Olonne !

Une démonstration inhabituelle de danse moderne

Une fois n'est pas coutume : les filles nous avaient pris 300 mètres d'avance à la fin de cette promenade (je précise : c'était en descente !) Au fond, on voit la très étroite bande de terre qui nous reliait au reste de la péninsule...
Ces oiseaux marins, comme beaucoup d'autres dans ce pays, n'étaient pas bien farouches. Pratique pour les photos !
Tout au bout de la route tortueuse qui vient de Christchurch, se trouve Akaroa, petite bourgade qui présente la particularité d'avoir été fondée par des Français. La French touch est ici partout présente, et (trop) largement exploitée par les commerçants locaux...
Le côté français d'Akaroa. Outre "L'essence", il y avait "Le boucher du village", "Chez la mer" (sic), et le poste de police lui-même arborait une pancarte "Gendarmerie" !

A ce moment-là, le 11 février, je me suis mis en quête du camping ayant le meilleur réseau Wifi possible. En effet, au milieu de la nuit,  avait  lieu le lancement (à bien des kilomètres d'ici), et l'amerrissage (à beaucoup de kilomètres aussi, mais un peu moins), de ce formidable engin spatial, mondialement célèbre (!), qu'est l'IXV. Si vous ne connaissez pas, faites semblant, merci, car c'est quand même sur ce projet que j'ai passé pas mal d'années de ma vie professionnelle (les sept dernières, tout de même...). Malgré une nuit quasi-blanche, j'ai eu la grande joie de voir que tout s'est passé pour le mieux. Ouf ! Je pourrais reprendre le boulot sans avoir à trop raser les murs ! Nous avons célébré l'événement comme il se doit (avec des bulles), le soir suivant, qui était aussi notre dernière soirée en camping-car. Les filles ont dû elles aussi être un peu marquées par mes récits de conquête spatiale, car elle ont réalisé une mini-fusée avec les moyen du bord...
La fusée "Cadeau 1", moins chère que l'IXV...

Ensuite, après une demi-journée de nettoyage et de rangement (c'est qu'on en accumule des choses, lorsque l'on n'a pas à porter nos sacs, et que Noël est passé par là...), nous avons donc rendu notre maison d'acier. Nous avons passé notre dernier week-end néo-zélandais en mode "urbain", pour changer, à Christchurch même. Nous savions que la ville avait été fortement endommagée lors d'une série de tremblements de terre, entre 2010 et 2011. Mais nous avons tout de même été surpris par l'étendue, quatre ans après, des travaux de réparation ou de reconstruction qui continuent...
Derrière le tram, l'un des principaux chantiers de reconstruction encore en cours

Ceci expliquait dans notre esprit pourquoi nous avions eu quelques soucis pour trouver un hébergement, du moins à un prix raisonnable. En fait, l'explication résidait aussi (et surtout) dans le fait qu'un autre grand événement avait lieu ce week-end-là dans la ville : un match de la coupe du monde de cricket ! En bon Français, nous ignorions totalement l'existence et la date de ce genre de manifestation...
Iris s'est mise très rapidement au cricket...

Nous nous sommes promenés surtout dans le grand parc de la ville et avons visité son "musée du Canterbury", un peu fouillis (les expositions vont de l'art asiatique à l'exploration de l'Antarctique, en passant par les graphismes sur T-shirts...) mais plutôt intéressant. Le reste du temps, nous avons profité du confort de la maison de notre hôte (nous avons loué deux chambres à Roy, un Néo-Zélandais d'une gentillesse extrême, qui a fait trois fois le taxi pour nous !).
"Ma sœur est une cloche", semble vouloir nous dire Norah...Sympa !

Ce n'est pas tout a fait le kauri de l'île du Nord, mais il y avait là des arbres de taille très respectable !

Dans le musée du Canterbury, une rue reconstituée permettait de "monter à cheval"...

...et à vélo ! Bon, les pédales sont un peu loin, c'est vrai !

Puis, lundi dernier, réveil avant l'aube. Je suppose que pour avoir les billets "tour-du-monde" les moins chers possibles, nous avons souvent les horaires les moins pratiques. Pas grave, car nous avons le temps de nous remettre de ces nuits écourtés (le temps, c'est le grand luxe de notre voyage) ! Nous avons alors quitté les Kiwis, les kiwis et les kiwis, pour de nouvelles aventures !

A bientôt

Renaud