mercredi 15 avril 2015

Sunset départementale

Vous allez penser que je ne me renouvelle guère au niveau des titres (et des sujets de photographie), et vous aurez parfaitement raison. Sans doute, ce manque de renouvellement est-il en accord avec une certaine monotonie des paysages. Comprenez bien : ce n'est pas que l'on s'en lasse, non. C'est plutôt que, depuis le Parc de Karijini, les changements sont lents, progressifs, étalés sur des centaines de kilomètres.

Tout d'abord, nous avons retrouvé une certaine "animation" (tout est relatif), sur la route. En effet, la Highway qui nous a permis de rejoindre la côte relie de nombreuses mines à Port Hedland, un port dédié à l'exportation du minerai de fer. Aussi croisons-nous quantité de "road trains", parfois avec des gabarits impressionnants. Le port en lui-même ne présente que peu d'attrait pour nous, mais nous apercevrons les grues gigantesques et les cargos à quai, visibles à des kilomètres dans ce décor tout plat.

Passé Port Hedland, il nous a fallu avaler les kilomètres, aucune agglomération, même minuscule, n'apparaissant sur la carte avant la ville de Broome. La Highway prend des allures de départementale sous-utilisée, les arrêts se font aux stations services, tous les 2-300 kilomètres, et aux aires de repos où nous campons la nuit venue (c'est-à-dire vers 18 heures : il est pressé le soleil, ici !) Seule pause sur la route : l'unique accès vers la plage de Eighty Miles Beach, où nous nous sommes baignés avec plaisir, car la température dépasse à présent le plus souvent les 35°C.

Arrivés à Broome, nous tombons sous le charme : des couchers de soleil magnifiques sur la plage, et, surtout, PRATIQUEMENT PAS DE MOUCHES !!!   Après les deux semaines précédentes, où le port de la moustiquaire était devenu obligatoire de 8 heures à 18 heures, sous peine de démence immédiate, c'est un tel soulagement ! Pourvu que cela dure jusqu'à Darwin...

Mais revenons aux couchers de soleil. Après Broome, nous avons à nouveau passé beaucoup de temps à rouler, sans guère de choses à voir pour nous divertir. Parfois, au détour de la route (expression amusante, vu la rectitude du tracé), un beu paysage se présente : falaises, escarpements, beau rochers rouges. Hélas, aucune route n'y mène. De plus, écrasés par le soleil et la chaleur, les paysages ne se prêtent pas à de longues séances photo. Forcément, frustrés de l'obturateur que nous sommes alors, nous nous lâchons sur le premier coucher de soleil venu. Quoique, le premier...
Pas tout à fait. Pas du tout, même ! Car nous avons pu contempler, je crois, la plus magnifique série de couchers de soleil, et de tombées de la nuit, de notre existence. Dommage que l'appareil photo, s'il rend à peu près bien les premiers, ne puisse capter convenablement les secondes... Car la Voie Lactée est ici un sacré spectacle !

Nous abordons à présent la dernière phase de notre périple australien : les Territoires du Nord. Dans deux semaines, et 1000 km, nous arriverons à Darwin, non sans avoir au préalable, je l'espère, passé quelques moments mémorables dans les parcs nationaux qui sont sur le parcours. Et vu quelques crocodiles ?

A bientôt

Renaud

Cable Beach (là où arrivait le premier câble télégraphique en Australie...), près de Broome
Port Hedland, et ses milliers de wagons de minerai quotidiens...

L'un des fameux road trains
Un peu long à dépasser, mais la visibilité est bonne et le trafic assez ténu : ça passe !

Voilà le genre de chose que l'on croise sur la route. Tout le monde s'arrête et attend que le "monstre" soit passé

La nuit arrive sur notre aire d'autoroute, et Vénus va se coucher à la suite du Soleil

Eighty Mile Beach : ça tapait, et nous avons oublié notre appréhension des méduses "tueuses" pour un petit plouf !

Elles couraient sur la plage, abritée des alizés...

Iris se tait et la caravane passe...


Les chameaux ne servent plus aujourd'hui qu'à promener les touristes, mais ça fait toujours sensation de les voir sur la plage !

On a même eu droit à des aires de repos avec vue 4* !

Iris grandit peu à peu, mais il y a encore de la marge de progression...


Grotto pool : re-chaud, donc re-plouf !

Je cite : "le plus gros boab (baobab ?) en captivité (sic). 2000 ans, 25 m de circonférence"

Un beau soleil bien rouge à Wyndham

vendredi 10 avril 2015

Happy le kangourou (par Norah)

Petite rédaction libre de Norah dans le cadre de son année de CM1 itinérante...



C'est l'histoire de Happy le kangourou.

Happy vivait heureux en Australie. Il jouait à saute-wombat avec Wally le Wallaby, Pompon et Chouchou les jumeaux wombat. Puis il broutait et tous les amis rentraient chez eux. Lola, la maman de Happy, racontait une histoire. Happy en réclamait toujours une autre. « Non, non. Il est l'heure de dormir. » répondait Lola et tout le monde s'endormait.

Mais un jour, Happy jouait avec tous ses amis quand la forêt prit feu. Tous les animaux se sauvèrent. Arrivés hors du bois, Lola et Chouchou se demandèrent :
- Où est passé Happy ?
- Je ne sais pas, répondit Wally.
- Pourvu qu'il ne soit pas blessé, s'inquiéta Pompon.
Alors Lola demanda aux oiseaux d'aller chercher son petit. Tous les oiseaux du bois s'envolèrent. Deux longues heures s'écoulèrent. Wally vit Happy le premier et quand les oiseaux posèrent Happy par terre, papa kangourou bondit vers son fils. Wally dit : « Je me suis fait mal à la patte. » Alors papa wombat, qui était médecin, s'approcha :
- Tu t'es cassé la patte. Pour qu'elle guérisse tu ne dois plus sauter tant qu'elle est cassée.
- Mais papa, il ne pourra plus jouer à saute-wombat avec nous, dit Chouchou.
Pour s'occuper, Happy raconta comment il s'était fait mal. Quand il eut fini, il avait toujours la patte cassée. Alors Wally lui tendit une feuille et un crayon.
- Mais je ne sais pas dessiner, dit Happy.
- Tu peux toujours essayer, répondit Wally.

Happy se mit à dessiner et quand sa patte fut guérie il dessinait bien mieux que tous les habitants d'Australie. Le matin il joue et l'après-midi, il dessine. Maintenant la forêt a repoussé et Happy y est en train de dessiner.

mercredi 8 avril 2015

Les Barbarr voient rouge


Oui, c'est le nuancier du rouge, de l'ocre, de l'orangé qui domine à présent le paysage. Le vert n'a pas disparu, loin s'en faut, mais la couverture de végétation est bien ténue. Les arbres sont de petite taille, quand il y en a. Les buissons et les herbes sèches prédominent. Clairsemés, ils laissent voir la terre rouge, aride. Des monticules d'un mètre ou deux parsèment cette étendue : des termitières innombrables, et dures comme de la pierre. L'horizon est lointain, et plat. Les routes (je ne suis pas sûr que le pluriel soit de mise), droites et le trafic "très, très, très fluide", dirait Bison Futé... Quant à la météo, vous avez remarqué que je ne m'en plains plus ?
C'est l'Australie, et c'est pour cela qu'on est là !

Notre quotidien ? Il est assez bien résumé ici...

Muriel pose devant une cité de quelques millions d'habitants
Après avoir quitté Exmouth, nous avons tourné le dos à l'océan, et nous nous sommes enfoncés dans l'intérieur des terres. La côte, à cet endroit, est surtout le lieu d'exploitation de gisements d'hydrocarbures, alors que le Parc de Karijini, loin de la mer, offre une alternative bien plus alléchante sur notre route vers l'Est. L'attrait de ce parc, ce sont surtout les gorges, creusées dans une roche vieille de 2 à 3 milliards d'années (tout de même !). Véritables fractures dans ce qui serait sinon une plateau assez monotone, ponctué de quelques collines, elles sont vraiment spectaculaires, et valent les kilomètres de piste que nous avons avalés (une soixantaine aller-retour, ce qui a entraîné une tentative de suicide de notre micro-onde, désolidarisé de son étagère par les vibrations !). Falaises, cascades, passages à gué, avec de l'eau jusqu'aux épaules, bassins naturels semblant avoir été spécialement aménagés pour la baignade... Les deux jours que nous y avons passés ont été bien remplis !



Premier aperçu du parc de Karijini en arrivant le premier soir au camping. Wow !
L'orage qui a éclaté le soir a eu le bon goût de passer au large !


Le soleil couchant sur la pierre rouge...
Début de balade : les gorges sont larges...
...là, on trouvait encore de quoi garder les pieds secs...

...puis c'est devenu un peu plus compliqué...

...du coup, changement vestimentaire...

...pour continuer la progression !

Ils sont forts ces Australiens ! Construire des falaises hautes comme ça en briques de Lego...
... mais ce n'est pas super solide, visiblement !
Barbarrs, du haut de ces falaises, deux milliards d'années vous contemplent !

Elles sont un peu perchées, parfois !

Dales Gorge

A la sortie du parc, vue sur la route, et l'un de ses usagers typiques (entre Karijini et Port Hedland, nous ne croiserons pratiquement que des 4x4 et des road trains comme celui-ci)

J'allais presque oublier de vous parler du ciel nocturne, qui est une véritable merveille sous ces cieux secs et exempts de pollution. La Voie Lactée, la Croix du Sud, les Nuages de Magellan n'ont plus de secret pour les filles. Elles ont même rebaptisé une constellation australe, sans doute influencées par notre étape brésilienne: la constellation du String (non, je vous jure que je n'y suis pour rien !) A défaut d'éclipse solaire dans notre partie du monde, nous avons tout de même pu observer une belle éclipse totale de lune la veille de Pâques. Chouette !

La Lune plonge dans l'ombre de notre Terre...

En parlant de Pâques, nous avons bien sûr organisé une petite chasse aux œufs autour du camping-car. Mais nous sommes restés très raisonnables, non pas pour se mettre au régime, mais pour que le chocolat tienne dans notre petit frigo. Avec les 35°C à l'ombre que nous avons en ce moment, je vous laisse imaginer la température dans les placards de notre maison roulante...

Nous avons à présent regagné la côte, dans une de ses parties les plus désertiques, en direction de Broome. Encore que l'on ne soit pas totalement privés de confort moderne, puisque nous avons trouvé une aire de camping gratuite, à 60 km de la ville la plus proche, équipée de WiFi (ce qui me permet d'ailleurs de publier cet article) !

A bientôt


Renaud

jeudi 2 avril 2015

Immersion

Pas immersion linguistique, non. A mon grand désespoir, nos filles n'accordent à la langue de Shakespeare qu'un intérêt modéré ("Encore de l'anglais aujourd'hui à l'école ? mais c'est tous les jours !"). Parlons plutôt de plongée progressive dans une sorte d'Australie différente (la vraie ?). Les routes et les villages se sont raréfiés. Parfois, le point de référence des bornes kilométriques n'est que la prochaine station essence...
Voilà qui commence (qui continue, plutôt), à me plaire ! Et d'après ce que je lis sur la carte, cela ne va pas aller en s'arrangeant sur les prochains milliers de kilomètres.

Il paraît que les Australiens ont une réputation de paresse... Je n'irais pas jusque là, mais il semble en effet que certains ne stressent pas outre mesure.
Je traduis :
Ouvert du lundi au vendredi, d'à peu près 9h30 jusqu'aux alentours de 12h30.
Le samedi, on fait ce qui nous plaît : parfois on coupe les cheveux, parfois on vend  des plantes, et parfois on reste à la maison


Ah les émeus ! Même en ville, rien ne semble les affoler. Lorsqu'ils sont sur la route et qu'ils vous voient débouler à 100 km/h droit sur eux, ils ne bronchent pas. Nerfs d'acier ou stupidité sans fond ? Vu leur regard, je pense plutôt pour la seconde option...



Toutefois, les vacances de Pâques étant là, de nombreux autres campeurs sillonnent les routes. La fréquentation assidue des campings nous a permis de les classer en trois espèces. La première, les jeunes couples en visa vacances-travail qui sillonnent le pays pendant une année, dans un petit van (nous en avons un exemple dans la famille). Allemands, pour beaucoup d'entre eux, français, parfois, c'est finalement ceux avec lesquels nous discutons le plus fréquemment. Seconde race de campeur, les familles australiennes (lors des congés scolaires), surtout dans les campings de bord de mer. Troisième et dernière catégorie : les retraités, qui se lancent eux aussi parfois dans des road-trips impressionnants. Ce sont eux qui dominent la population des campings, dès que l'on se trouve hors vacances scolaires. Et nous, dans le tas ? Notre catégorie de famille tour-du-mondiste est hélas peu représentée.

Pas grave, nous poursuivons notre petit bonhomme de chemin et nous avons ainsi atteint Exmouth, et le parc marin de Ningaloo, au niveau du coin Nord-Ouest du continent.

Pour filer sur mon concept d'immersion, nous avons avant tout profité de la côte, de ses plages, et de sa faune marine. Grand regret, nous n'irons pas nager avec les requins-baleines, de gentils monstres inoffensifs. A près de 400 $ par personne pour la journée, ça ne serait pas raisonnable. Par contre, moyennant une somme dix fois inférieure, nous nous sommes remis au snorkelling (palme-masque-tuba), et avons retrouvé des fonds marins splendides, peuplés d'une variété de poissons qui dépasse même nos souvenirs de Tahiti ! A chaque fois que l'on retournait dans l'eau, des espèces encore inconnues se montraient. Clou du spectacle, j'ai même eu la chance, avec Norah, de nager quelques minutes avec une tortue (pas grande-grande, non, mais ça fait tout de même plaisir !)

Sable blanc et eau turquoise, dans laquelle on peut s'immerger en quelques secondes (Muriel mise à part, bien sûr)

Les pélicans sont toujours fidèles au poste

En route vers Denham, un point de vue d'où l'on apercevait tout en bas requins et autres raies. Parfois, il fallait y croire un peu, car ils étaient bien loin, en contrebas...

On démystifie : il ne fait pas toujours un grand ciel bleu en Australie, même au niveau du tropique du Capricorne...

Vous vous souvenez des stromatolites ? Mais si, les bactéries qui font des rochers, un peu comme des coraux lorsque l'eau est assez salée !

Petit détour de 150 km au nord de Denham, pour voir des "blowholes" (trous d'où jaillit l'écume lorsque la mer s'engouffre dans les anfractuosités du rivage). Résultat : rien de rien (peut-être n'y avait-il pas assez de houle), mais une plage qui appelait à la baignade...

...Appel auquel nous avons bien sûr répondu. Là, le concept de l'immersion marche à plein pour Iris !

A Coral Bay, nous avons organisé au sein de l'équipe notre premier (et dernier ?) championnat de course en palmes, sous l’œil vigilant de l'arbitre. Qui a gagné ? On en débat encore...

Dans le parc de Ningaloo, on campait juste à côté de la plage, quasi-déserte...

...donc, évidemment, c'était pratique pour les couchers de soleil ! (promis, je n'en mets qu'un seul, cette fois)

La lumière de la fin de journée (avec nous, vous ne risquez pas de voir celle du lever du soleil, car nous ne sommes pas très matinaux !)



A un autre endroit de la côte, quelques centaines de kilomètres plus au Sud, à Shark Bay, ce sont les... dauphins qui tiennent la vedette (pourquoi "Shark Bay", alors ? aucune idée.) Nourris tous les matins de quelques poissons (il ne faut quand même pas qu'ils oublient leurs techniques de chasse, donc la quantité de nourriture distribuée est très faible), des groupes d'une douzaine de dauphines (mais où sont les mâles ?) s'approchent au ras de la côte. En toute liberté et à l'heure de leur choix. Et ce, sous les yeux émerveillés d'une centaine de touristes et sous la supervision de rangers (les gardes-forestiers locaux). Et les filles, dans toute cette foule, ont eu le privilège d'être choisies pour donner un poisson, à Nicky, dauphin femelle qui fête cette année ses quarante ans (comme nous !)


Nicky attendant son poisson, et regardant d'un œil curieux l'attroupement de touristes, nous compris

On a revu quelques wallabies, mais ceux-là étaient très farouches : impossible de les approcher à moins de 20 mètres

Pour compléter, une ou deux promenades plus terrestres, histoire d'arpenter le bush, et la visite d'un musée de l'espace, pour la culture scientifique de nos filles. Saviez-vous que la station de Carnarvon avait relayé le signal radio des premiers astronautes marchant sur la Lune, capté au moyen de son antenne géante ? Eh bien moi non plus, c'est vous dire...
L'antenne géante, qui nous a fourni une ombre bienvenue...
Les Barbarr dans une maquette de capsule Apollo. A l'intérieur, sur un écran, compte à rebours et décollage, tandis que, allongés sur nos sièges, nous ressentions une fraction des vibrations générées par la vraie Saturn V.
Celle-là, nous ne pouvions pas la manquer !
La gorge de Mandu : 2 heures de balade sans ombre (mais avec une brise bien sympa)
Pas de serpents, mais une agression par fourmis : j'en connais une qui va changer ses sandales pour des baskets, lors de la prochaine rando !


A bientôt

Renaud